Brief

An Ernst Wolfgang Behrisch (12. Oktober 1766)

Ma petite, en employant tout son pouvoir, quelle a sur moi, m'a fait manquer a ma parole, et au soupé, que vous m'aviez fait preparer. J'en suis au desespoir; mais elle m'en a paié, et elle m'en paiera encore. Je sais que Vous etes indulgent, et que Vous me pardonnerez aisement, si je Vous developpe un peu les circonstances de cette soiree. J'allai droitement de Vous a mon logis, pour y expedier mes petites affaires, quelle fut ma surprise d'y trouver par le mojen de notre correspondence secrete, un avis de me rendre au plutot chez elle. Jy volai, je la trouvai seule, toute la famille, aiant eté attire par le spectacle nouveau a la comedie. Juste ciel qu'el plaisir, de se voir seul, avec sa bienaimeé, quatre heures de suité. Elles se passerent sans que personne de nous deux, le sut. J'appris que la mere m'avoit pardonné, et que la bonne femme fatigueé enfin des tendresses perpetuelles que l'autre fit a sa fille, tourna toute son humeur contre lui. Que ces quatre heures me firent heureux! Vous rirez un peu de cette extase. Riez autant qu'il vous plaira. Mais Vous aurez encore, un sujet pour rire, c'est que cette lettre entiere, ne contient rien qu'amour. Pardonnez moi, en pensant, que nous ne sommes jamais si fertiles en expressions, que quand notre coeur nous en fournit. Adieu. Je ne manquerai pas de vous ecrire quelque fois pendant ce 8 jours, si vous voules etre content, de ma mauvaise patte.

Bon jour mon cher! Ma petite, en employant tout son pouvoir, quelle a sur moi, m'a fait manquer a ma parole, et au soupé, que vous m'aviez fait preparer. J'en suis au desespoir; mais elle m'en a paié, et elle m'en paiera encore. Je sais que Vous etes indulgent, et que Vous me pardonnerez aisement, si je Vous developpe un peu les circonstances de cette soiree. J'allai droitement de Vous a mon logis, pour y expedier mes petites affaires, quelle fut ma surprise d'y trouver par le mojen de notre correspondence secrete, un avis de me rendre au plutot chez elle. Jy volai, je la trouvai seule, toute la famille, aiant eté attire par le spectacle nouveau a la comedie. Juste ciel qu'el plaisir, de se voir seul, avec sa bienaimeé, quatre heures de suité. Elles se passerent sans que personne de nous deux, le sut. J'appris que la mere m'avoit pardonné, et que la bonne femme fatigueé enfin des tendresses perpetuelles que l'autre fit a sa fille, tourna toute son humeur contre lui. Que ces quatre heures me firent heureux! What pleasure, God! of like a flame to born, A virteous fire, that ne'er to vice kan turn. What volupty! when trembling in my arms, The bosom of my maid, my bosom warmeth! Perpetual kisses of her lips o'erflow, In holy embrace mighty virtue shew. When I then, rapt, in never felt extase, My maid! I say, and she, my dearest! says. When then, my heart, of love and virtue hot, Cries: come ye angels! Come! See and envy me not. Vous rirez un peu de cette extase. Riez autant qu'il vous plaira. Mais Vous aurez encore, un sujet pour rire, c'est que cette lettre entiere, ne contient rien qu'amour. Pardonnez moi, en pensant, que nous ne sommes jamais si fertiles en expressions, que quand notre coeur nous en fournit. Adieu. Je ne manquerai pas de vous ecrire quelque fois pendant ce 8 jours, si vous voules etre content, de ma mauvaise patte. c. 12. d'Octb Goethe 1766.

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